Histoire3e

La France des années 1930 — Le Front populaire (1934-1938)

La France des années 1930 — Le Front populaire (1934-1938)

Problématique : À quelles difficultés la IIIe République est-elle confrontée dans les années 1930 ? Comment y résiste-t-elle ?

Introduction

Les années 1930 constituent une période de crise majeure pour la France et pour le monde. Après une décennie de prospérité durant les « Années folles », la crise économique venue des États-Unis plonge le pays dans le chômage et la misère. Cette crise économique se double d'une crise politique grave : des mouvements d'extrême droite menacent la République, tandis que les scandales politiques nourrissent la défiance des citoyens.

C'est dans ce contexte tumultueux que naît le Front populaire, une alliance inédite des partis de gauche. Arrivé au pouvoir en mai 1936 sous la direction de Léon Blum, il entreprend des réformes sociales historiques — congés payés, semaine de 40 heures, accords de Matignon — qui transforment durablement la vie des travailleurs français. Mais l'expérience se heurte à de puissantes oppositions et s'achève dès 1938.

🔍 Pour en savoir plus : les « Années folles »

Les années 1920, surnommées les « Années folles », sont marquées par un dynamisme économique et culturel exceptionnel. La France, qui se reconstruit après la Première Guerre mondiale, connaît une période de croissance, d'innovation (automobile, électricité, cinéma) et de libération des mœurs. Ce contraste rend le choc de la crise de 1929 d'autant plus brutal.


I. La République en crise (années 1930)

A. La crise économique

En octobre 1929, la Bourse de New York s'effondre : c'est le krach boursier de Wall Street. Cette crise financière se transforme rapidement en crise économique mondiale. Les banques font faillite, les entreprises ferment, le commerce international s'effondre.

La France est touchée avec un certain retard, à partir de 1931. La production industrielle diminue, les exportations chutent et les faillites se multiplient. Face à cette situation, les gouvernements successifs appliquent une politique de déflation : ils réduisent les salaires des fonctionnaires et les dépenses publiques afin de faire baisser les prix. Mais cette politique aggrave la crise en réduisant le pouvoir d'achat des Français, ce qui diminue encore la consommation et accélère les fermetures d'entreprises.

B. La crise sociale

La crise économique entraîne une montée spectaculaire du chômage. En 1935, la France compte près d'un million de chômeurs déclarés, sans compter les travailleurs précaires ou partiellement employés. Les familles ouvrières sombrent dans la misère : perte de logement, difficultés pour se nourrir, détresse morale.

Face à cette situation, les chômeurs s'organisent. Aidés par les syndicats, ils lancent des « marches de la faim » pour réclamer du travail et des aides. Parallèlement, les gouvernements prennent des mesures controversées : entre 1931 et 1936, environ 700 000 travailleurs étrangers sont expulsés du territoire français, souvent sous la contrainte, les autorités espérant ainsi libérer des emplois pour les Français.

🔍 Pour en savoir plus : les expulsions de travailleurs étrangers

Ces expulsions touchent principalement les travailleurs polonais, italiens et espagnols, venus en France dans les années 1920 pour combler le manque de main-d'œuvre lié aux pertes de la Grande Guerre. Beaucoup étaient installés depuis des années, parfois mariés à des Françaises et parents d'enfants nés en France. Ces mesures, loin de résoudre le chômage, ont alimenté un climat de xénophobie.

C. La crise politique : le 6 février 1934

La crise économique et sociale nourrit une crise politique profonde. Des organisations d'extrême droite, appelées « ligues », se développent. Ces mouvements — parmi lesquels les Croix-de-Feu du colonel de La Rocque, l'Action française de Charles Maurras ou les Camelots du roi — sont hostiles à la République parlementaire qu'ils jugent corrompue et inefficace. Leur antiparlementarisme va de pair avec une attirance pour le fascisme qui triomphe en Italie avec Mussolini et en Allemagne avec Hitler.

En janvier 1934, éclate l'affaire Stavisky, un scandale politico-financier. Alexandre Stavisky, un escroc protégé par des hommes politiques, est retrouvé mort dans des circonstances troubles. La presse d'extrême droite s'empare de l'affaire pour dénoncer la corruption des parlementaires et appeler à manifester.

Le 6 février 1934, les ligues organisent une manifestation à Paris et tentent de marcher sur le Palais Bourbon (siège de l'Assemblée nationale). Des affrontements violents avec les forces de l'ordre font 15 morts et plus de 300 blessés. Le lendemain, le président du Conseil Édouard Daladier démissionne sous la pression. C'est la première fois depuis 1870 qu'un gouvernement républicain cède face à la rue. La République apparaît gravement menacée.

📚 Pour aller plus loin : le fascisme en Europe dans les années 1930

Au moment où la France connaît cette crise, l'Europe voit monter les régimes autoritaires. En Italie, Mussolini est au pouvoir depuis 1922. En Allemagne, Hitler devient chancelier en janvier 1933 et instaure rapidement une dictature nazie. En Espagne, au Portugal, en Pologne et dans les pays baltes, des régimes autoritaires s'installent. Les ligues françaises s'inspirent de ces modèles, même si le fascisme français n'a jamais atteint la même ampleur qu'en Italie ou en Allemagne.


II. Le Front populaire (1936-1938)

A. La formation du Front populaire

L'émeute du 6 février 1934 provoque un électrochoc à gauche. Convaincus que la République est en danger, les partis de gauche décident de s'unir pour la défendre. Dès les 9 et 12 février, d'importantes contre-manifestations sont organisées pour affirmer l'attachement à la démocratie.

Progressivement, trois partis de gauche forment une alliance électorale, le Front populaire : le PCF (Parti communiste français, extrême gauche), la SFIO (Section française de l'Internationale ouvrière, parti socialiste) et le Parti radical (centre-gauche). Le 14 juillet 1935, d'immenses manifestations dans toute la France marquent la naissance officielle de cette alliance. Le Front populaire se présente aux élections sous le slogan « Le Pain, la Paix, la Liberté », un programme qui vise à lutter contre le chômage et la misère (le Pain), à éviter la guerre face à la montée des fascismes en Europe (la Paix), et à défendre la République contre les ligues (la Liberté).

🔍 Pour en savoir plus : le PCF et Moscou

L'union des gauches n'allait pas de soi. Depuis sa création en 1920 (congrès de Tours), le PCF était affilié à l'Internationale communiste dirigée depuis Moscou et refusait toute alliance avec les « partis bourgeois ». C'est un changement de stratégie de Staline, qui craint la montée du fascisme en Europe, qui autorise les communistes français à s'allier avec les socialistes et les radicaux. Ce tournant est décisif pour la naissance du Front populaire.

B. La victoire et les grèves de 1936

Le Front populaire remporte les élections législatives du printemps 1936. La SFIO arrive en tête : son dirigeant, Léon Blum, devient président du Conseil (chef du gouvernement). C'est la première fois qu'un socialiste dirige la France. Autre avancée historique : pour la première fois, trois femmes sont nommées au gouvernement, bien qu'elles n'aient pas encore le droit de vote.

La victoire électorale déclenche un immense mouvement de grève spontané. Près de 2 millions de travailleurs cessent le travail et occupent leurs usines. Fait remarquable, ces grèves sont pacifiques et joyeuses : on y danse, on y chante, on y pique-nique. Les ouvriers ne veulent pas la révolution ; ils veulent faire pression sur le patronat pour obtenir des améliorations concrètes de leurs conditions de travail et de vie.

📚 Pour aller plus loin : pourquoi la grève après la victoire ?

C'est un paradoxe apparent. Pourquoi les ouvriers font-ils grève alors que « leur » camp vient de gagner ? En réalité, la victoire électorale libère un immense espoir après des années de crise et de sacrifices. Les ouvriers veulent transformer cet espoir en améliorations concrètes et immédiates. Ils craignent aussi que le patronat ne bloque les réformes et font pression pour que le gouvernement agisse vite. Ce mouvement d'ampleur inédite pousse Léon Blum à négocier les accords de Matignon.

C. Les réformes du Front populaire

Face à l'ampleur des grèves, Léon Blum réunit les représentants du patronat et des syndicats à l'Hôtel Matignon (résidence du chef du gouvernement). Pour la première fois dans l'histoire de France, l'État joue le rôle d'arbitre dans un conflit social. Dans la nuit du 7 au 8 juin 1936, les accords de Matignon sont signés. Ils prévoient :

  • une hausse générale des salaires de 12% en moyenne ;
  • la liberté syndicale (droit de se syndiquer sans risquer le renvoi) ;
  • la mise en place de conventions collectives par branche professionnelle ;
  • l'élection de délégués du personnel dans les entreprises de plus de 10 salariés.

En complément de ces accords, le gouvernement fait voter des lois sociales historiques durant l'été 1936 : deux semaines de congés payés (vacances pendant lesquelles le salarié continue d'être payé) et la semaine de 40 heures de travail (au lieu de 48 heures). Cette réduction du temps de travail libère le samedi et donne naissance au week-end de deux jours pour les ouvriers.

Pour la première fois, des familles ouvrières peuvent partir en vacances et découvrir la campagne ou la mer. Léo Lagrange, secrétaire d'État aux Loisirs, crée des billets de train à prix réduit (« billets Lagrange », à -40%) pour faciliter ces départs.

❗ L'essentiel à retenir

Les réformes du Front populaire transforment le quotidien des ouvriers français : hausse des salaires, liberté syndicale, congés payés et semaine de 40 heures. C'est une véritable révolution sociale, même si ces acquis sont contestés par le patronat.


III. L'opposition au Front populaire et sa fin

A. L'antisémitisme contre Léon Blum

Léon Blum est le premier chef de gouvernement socialiste de France. Il est aussi juif, ce qui fait de lui la cible d'une violente campagne antisémite. Dès son arrivée au pouvoir, le député de droite Xavier Vallat déclare à l'Assemblée nationale : « Pour la première fois, ce vieux pays gallo-romain sera gouverné par un juif », estimant qu'un homme dont les origines ne « se perdent pas dans les entrailles de notre sol » ne devrait pas diriger la France.

L'extrême droite ne se limite pas aux mots. En février 1936, Blum est violemment agressé par des militants de l'Action française et des Camelots du roi. Il est grièvement blessé au visage. Des slogans tels que « Au poteau Blum ! » ou « Plutôt Hitler que Blum » circulent dans les milieux d'extrême droite, témoignant de la violence de la haine dirigée contre lui.

B. Les campagnes de haine et la violence politique

L'opposition au Front populaire prend aussi la forme de campagnes de calomnie (accusations mensongères). Le cas le plus tragique est celui de Roger Salengro, ministre de l'Intérieur du gouvernement Blum. La presse d'extrême droite, et notamment le journal Gringoire, l'accuse faussement d'avoir déserté pendant la Première Guerre mondiale. Malgré les preuves de son innocence, les attaques se poursuivent sans relâche. Épuisé et désespéré, Salengro se suicide le 17 novembre 1936.

📚 Pour aller plus loin : l'affaire Salengro et le cyber-harcèlement aujourd'hui

L'affaire Salengro présente des parallèles troublants avec les phénomènes actuels de harcèlement en ligne et de désinformation. Dans les deux cas, on observe la diffusion massive de fausses informations (« fake news »), un acharnement collectif contre un individu, l'inefficacité des démentis face à la vitesse de propagation des calomnies, et des conséquences dramatiques sur la santé mentale des victimes. Ce drame rappelle que la violence des mots peut tuer, hier dans les journaux comme aujourd'hui sur les réseaux sociaux.

C. L'opposition de la droite et du patronat

La droite et le patronat combattent également le Front populaire. La propagande de droite exploite la « peur du rouge » (anticommunisme) en présentant le Front populaire comme une menace communiste aux ordres de Moscou, ce qui est faux puisque le PCF ne participe pas au gouvernement.

Le patronat refuse les réformes sociales. De nombreux chefs d'entreprise considèrent que les congés payés et la semaine de 40 heures « ruinent » l'économie et encouragent la « paresse ». Certains, scandalisés que « ces gens-là » puissent partir en vacances, organisent la fuite des capitaux à l'étranger, aggravant délibérément les difficultés économiques du gouvernement.

D. La fin du Front populaire

Plusieurs facteurs expliquent l'échec du Front populaire. Sur le plan international, en juillet 1936, une guerre civile éclate en Espagne entre les républicains (gauche) et les nationalistes du général Franco (extrême droite), soutenus par Hitler et Mussolini. Léon Blum, pourtant proche politiquement des républicains espagnols, refuse d'intervenir et adopte une politique de « non-intervention ». Cette décision, motivée par la volonté de ne pas provoquer une guerre européenne, lui vaut l'hostilité des communistes.

Sur le plan économique, la crise persiste : le chômage reste élevé, les capitaux fuient à l'étranger, le déficit commercial se creuse. En juin 1937, Léon Blum demande les « pleins pouvoirs » financiers au Sénat, qui les lui refuse. Il démissionne. Le Front populaire se disloque progressivement et prend fin en avril 1938, lorsque le Parti radical quitte l'alliance.

🔍 Pour en savoir plus : pourquoi Blum n'aide-t-il pas l'Espagne ?

Blum est personnellement déchiré par cette décision. S'il intervient en Espagne, il risque de provoquer une guerre contre l'Allemagne et l'Italie alors que la France n'y est pas préparée. Il risque aussi de perdre le soutien du Parti radical et de l'Angleterre, hostile à toute intervention. Blum choisit donc la prudence, mais cette décision brise l'unité du Front populaire : les communistes, qui soutiennent les républicains espagnols, ne pardonnent pas ce qu'ils perçoivent comme un abandon.


Conclusion

La France des années 1930 est une France en crise : crise économique, sociale, politique et morale. L'expérience du Front populaire fut une tentative ambitieuse de surmonter ces difficultés en unissant les forces de gauche et en améliorant concrètement les conditions de vie des travailleurs.

Si le Front populaire n'a pas réussi à résoudre la crise économique ni à empêcher la montée des périls en Europe, il a laissé un héritage profond et durable : la reconnaissance de la démocratie sociale (droits des travailleurs, congés payés), la possibilité d'une unité entre les gauches, et le renforcement de l'attachement populaire à la République. Ses réformes inspireront directement le programme du Conseil National de la Résistance (CNR) après la Seconde Guerre mondiale : Sécurité sociale, nationalisations, extension des droits sociaux.

❗ L'essentiel à retenir

Le Front populaire (1936-1938) est une alliance des partis de gauche (PCF, SFIO, Parti radical) née en réaction au 6 février 1934. Dirigé par Léon Blum, il vote des réformes sociales majeures (accords de Matignon, congés payés, 40 heures). Il échoue face aux oppositions (antisémitisme, patronat, divisions internes) et prend fin en avril 1938.


Biographies des personnages clés

👤 Léon Blum (1872-1950)

Homme politique et intellectuel français, dirigeant de la SFIO (parti socialiste). En juin 1936, il devient le premier chef de gouvernement socialiste de l'histoire de France, sous la présidence d'Albert Lebrun.

À la tête du Front populaire, il fait voter les accords de Matignon, les congés payés et la semaine de 40 heures. Juif, il est la cible d'une violente campagne antisémite menée par l'extrême droite.

Il démissionne en juin 1937 après le refus du Sénat de lui accorder les pleins pouvoirs financiers. Sous le régime de Vichy, il est arrêté, jugé lors du procès de Riom et déporté en Allemagne. Libéré en 1945, il reprend brièvement des fonctions politiques.

👤 Roger Salengro (1890-1936)

Homme politique socialiste (SFIO), maire de Lille et ministre de l'Intérieur dans le gouvernement de Léon Blum. Ancien combattant de la Première Guerre mondiale, il avait été fait prisonnier par les Allemands.

En 1936, la presse d'extrême droite (le journal Gringoire notamment) l'accuse faussement d'avoir déserté pendant la guerre. Malgré un vote unanime de la Chambre des députés reconnaissant son innocence, les attaques se poursuivent sans relâche.

Épuisé et désespéré par cette campagne de calomnies, il se suicide le 17 novembre 1936. Son drame illustre les ravages de la désinformation et du harcèlement médiatique.

👤 Édouard Daladier (1884-1970)

Homme politique du Parti radical, plusieurs fois président du Conseil. C'est lui qui est à la tête du gouvernement lors de l'émeute du 6 février 1934 et qui démissionne sous la pression des ligues.

Il redevient président du Conseil en avril 1938, après la fin du Front populaire. Il revient alors sur certains acquis sociaux, notamment en rétablissant la semaine de 48 heures dans certains secteurs. Il est également connu pour avoir signé les accords de Munich avec Hitler en septembre 1938.

👤 Colonel de La Rocque (1885-1946)

Officier et homme politique français, chef des Croix-de-Feu, la principale ligue d'extrême droite des années 1930. Les Croix-de-Feu, à l'origine une association d'anciens combattants, deviennent sous sa direction un puissant mouvement nationaliste et antiparlementaire.

Les Croix-de-Feu participent à la manifestation du 6 février 1934. La ligue est dissoute par le gouvernement du Front populaire en 1936. De La Rocque la transforme alors en parti politique, le Parti social français (PSF), qui attire plusieurs centaines de milliers de membres.

👤 Charles Maurras (1868-1952)

Écrivain et homme politique français, figure majeure de l'extrême droite. Il dirige l'Action française, à la fois un journal et un mouvement politique royaliste, nationaliste et antisémite.

L'Action française dispose d'un service d'ordre violent, les Camelots du roi, qui sont responsables de l'agression contre Léon Blum en février 1936. Maurras est un fervent ennemi de la République, de la démocratie parlementaire et des Juifs. Sous le régime de Vichy, il soutient activement la politique de collaboration du maréchal Pétain.

👤 Léo Lagrange (1900-1940)

Homme politique socialiste, nommé sous-secrétaire d'État aux Loisirs et aux Sports dans le gouvernement Blum. C'est une fonction nouvelle, créée spécialement pour accompagner les réformes sociales du Front populaire.

Il crée les « billets Lagrange », des billets de train à prix réduit (-40%) pour permettre aux ouvriers de partir en vacances. Il développe aussi les auberges de jeunesse et les équipements sportifs. Mobilisé en 1939, il est tué au combat en juin 1940.


Chronologie à retenir

DateÉvénement
Octobre 1929Krach boursier de Wall Street (début de la crise mondiale)
1931La crise économique touche la France
Janvier 1934Affaire Stavisky (scandale politico-financier)
6 février 1934Émeute des ligues à Paris (15 morts)
9 et 12 février 1934Contre-manifestations de la gauche pour défendre la République
14 juillet 1935Naissance officielle du Front populaire
Février 1936Agression de Léon Blum par l'extrême droite
Mai 1936Victoire électorale du Front populaire ; Blum président du Conseil
Mai-juin 1936Grèves avec occupation d'usines (2 millions de grévistes)
7-8 juin 1936Accords de Matignon
Été 1936Lois sur les congés payés et la semaine de 40 heures
Novembre 1936Suicide de Roger Salengro
Juin 1937Démission de Léon Blum
Avril 1938Fin du Front populaire (départ du Parti radical)