Géographie4e

Un monde de migrants

Problématique : Pourquoi migre-t-on dans le monde et quelles sont les conséquences des migrations ?

Les migrations internationales désignent les déplacements de personnes qui quittent leur pays pour s'installer durablement dans un autre. Aujourd'hui, environ 280 millions de personnes vivent dans un pays différent de celui où elles sont nées, soit 3,6 % de la population mondiale. Ce chiffre a triplé depuis 1970.

Ces migrations sont au cœur de la mondialisation : elles créent des flux de personnes entre les différentes régions du monde et ont des conséquences importantes pour les pays de départ comme pour les pays d'arrivée.

I. Étude de cas : l'Inde au cœur des migrations

A. L'Inde, un grand pays d'émigration

L'Inde compte 18,5 millions d'émigrés vivant à l'étranger : c'est la première diaspora mondiale. Ces migrants ont des profils très différents.

Des ouvriers peu qualifiés partent travailler dans les pays du Golfe (Émirats arabes unis, Arabie saoudite, Qatar) dans le secteur de la construction. Ils y gagnent des salaires plus élevés qu'en Inde mais subissent souvent des conditions de travail difficiles.

Des migrants qualifiés (étudiants, ingénieurs, médecins, informaticiens) émigrent vers les pays développés (États-Unis, Royaume-Uni, Canada) pour faire des études ou trouver des emplois mieux rémunérés.

B. L'Inde, aussi un pays d'immigration

L'Inde accueille également des immigrés, principalement en provenance du Bangladesh, pays voisin. On estime entre 5 et 10 millions le nombre de Bangladais vivant en Inde, souvent de manière irrégulière (sans papiers).

Ces migrants fuient la pauvreté et les catastrophes climatiques (inondations, cyclones, montée des eaux) qui touchent leur pays. Ils traversent une frontière longue de plus de 4 000 km, souvent de manière clandestine.

C. Les conséquences des migrations pour l'Inde

Des conséquences positives. Les migrants indiens envoient de l'argent à leurs familles restées au pays : ce sont les remises. En 2024, l'Inde a reçu 129 milliards de dollars de remises, ce qui en fait le premier pays destinataire mondial. Cet argent permet aux familles de financer l'éducation des enfants, les soins médicaux, la construction de logements ou la création d'entreprises.

Des conséquences négatives. Le départ des personnes les plus qualifiées (médecins, ingénieurs, chercheurs) prive l'Inde de talents formés à ses frais : c'est la « fuite des cerveaux » (brain drain en anglais). Par exemple, de nombreux médecins indiens partent exercer à l'étranger, ce qui aggrave le manque de personnel soignant dans les zones rurales de l'Inde.

II. Les migrations internationales dans le monde

A. Des flux migratoires à l'échelle mondiale

Les migrations internationales dessinent des flux à l'échelle mondiale. On distingue plusieurs grands types de flux :

  • Flux Sud → Nord : des pays en développement vers les pays développés (ex. : du Mexique vers les États-Unis, d'Afrique vers l'Europe).
  • Flux Sud → Sud : entre pays en développement, souvent entre pays voisins (ex. : du Bangladesh vers l'Inde, d'Afrique subsaharienne vers l'Afrique du Sud). Ces flux représentent près de la moitié des migrations mondiales.
  • Flux Nord → Nord : entre pays développés (ex. : de France vers le Canada, du Royaume-Uni vers l'Australie).

Les principaux pays d'accueil en 2024 sont les États-Unis (51 millions d'immigrés), l'Allemagne (16 millions), l'Arabie saoudite (13 millions), la Russie (12 millions) et le Royaume-Uni (10 millions).

B. Les causes des migrations : pourquoi migre-t-on ?

Les raisons qui poussent les personnes à migrer sont multiples. On distingue des facteurs « push » (qui poussent à partir) et des facteurs « pull » (qui attirent vers une destination).

Parmi les facteurs « push » : la pauvreté et le chômage, les guerres et les conflits armés, les persécutions politiques ou religieuses, les catastrophes naturelles et climatiques et le manque de perspectives d'avenir.

Parmi les facteurs « pull » : les emplois disponibles et de meilleurs salaires, de meilleures conditions de vie, des études de qualité, le regroupement familial et la sécurité politique.

On distingue ainsi différents types de migrants selon leurs motivations. Les migrants économiques partent pour trouver du travail ou améliorer leurs revenus. Les réfugiés fuient des persécutions, des guerres ou des violences dans leur pays. Les réfugiés climatiques fuient des catastrophes naturelles liées au changement climatique (inondations, sécheresses, montée des eaux).

C. Les conséquences des migrations

Les migrations ont des conséquences importantes, à la fois pour les pays de départ et pour les pays d'accueil.

Pour les pays de départ, les conséquences positives comprennent les remises envoyées aux familles, la réduction du chômage et le retour de compétences (brain gain). Les conséquences négatives incluent la fuite des cerveaux, la perte de population active et la séparation des familles.

Pour les pays d'accueil, les conséquences positives sont la main-d'œuvre disponible, le dynamisme économique et l'enrichissement culturel. Les conséquences négatives peuvent être des tensions sociales, des difficultés d'intégration et des pressions sur les services publics.

III. Les défis et enjeux des migrations

A. Des parcours migratoires souvent difficiles

Les migrants qui ne peuvent pas emprunter les voies légales (visa, regroupement familial) tentent parfois des traversées dangereuses. Chaque année, des milliers de personnes meurent en essayant de rejoindre l'Europe par la mer Méditerranée ou les États-Unis par le désert mexicain. Plus de 30 000 migrants sont morts en Méditerranée depuis 2014.

Les migrants font souvent appel à des passeurs qui leur font payer des sommes importantes (entre 3 000 et 10 000 € par personne) pour organiser leur voyage. Ces réseaux de passeurs pratiquent parfois la traite d'êtres humains.

B. Des politiques migratoires variées

Face aux migrations, les États mettent en place des politiques migratoires différentes.

Certains pays cherchent à limiter l'immigration : construction de murs ou de barrières (États-Unis/Mexique, Inde/Bangladesh, frontières européennes), renforcement des contrôles, expulsions.

D'autres pays cherchent à attirer des migrants qualifiés pour compenser le vieillissement de leur population ou répondre aux besoins de leur économie (Canada, Australie, Allemagne).

Les organisations internationales (ONU, HCR) défendent les droits des migrants et des réfugiés, et appellent à une gestion plus solidaire des flux migratoires.

Conclusion

Les migrations internationales sont un phénomène majeur de la mondialisation. Elles concernent 280 millions de personnes dans le monde et créent des liens entre les différentes régions de la planète.

Les causes des migrations sont multiples (économiques, politiques, climatiques) et leurs conséquences sont ambivalentes : elles apportent des bénéfices (remises, main-d'œuvre) mais aussi des défis (fuite des cerveaux, difficultés d'intégration).

Face à ce phénomène, les États adoptent des politiques migratoires variées, entre fermeture et ouverture, tandis que les organisations internationales cherchent à garantir les droits fondamentaux des migrants.